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À l'école de la République
Опубликовано: 02.10.2011
On oppose traditionnellement deux conceptions de la nation. D'une part, il y a la conception allemande, qui repose sur « le droit du sang » et la notion de «peuple» : la nationalité s'enracine dans la filiation, les liens culturels sont créés par l'appartenance à une langue ou à une race. D'autre part, il y a la conception française, fondée sur « le droit du sol », qui privilégie l'aspect spirituel de l'identité : la nationalité n'est pas une détermination naturelle, c'est la résidence sur le territoire national qui permet de «s'intégrer», d'adhérer à la communauté nationale, d'obtenir le statut de « citoye» français. Alors que le peuple est une communauté fondée sur le sang et le sol, la nation est une « communauté de rêves » (Malraux), une histoire commune, qui assure la cohésion et la solidarité de l'ensemble.
On cite généralement, pour illustrer cette conception française de la nation, le texte d'une conférence d'Ernest Renan, datant de 1871 : « Qu'est-ce qu'une nation ? » ... « Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé, l'autre est dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté défaire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis ».
L'enseignement de l'Histoire de France est devenu obligatoire sous la Troisième République. Pour les fondateurs de l'enseignement «laïc, gratuit et obligatoire », il ne s'agissait pas seulement d'apprendre aux enfants à lire — écrire — compter, il s'agissait aussi de leur enseigner les valeurs de la Nation française et d'en faire de bons républicains.
La République a imposé la thèse de l'origine gauloise de la France, faisant de Vercingétorix (défenseur malheureux des Gaulois contre les Romains) le premier héros de l'histoire nationale. La référence commune — «Nos ancêtres les Gaulois » — a entériné l'idée d'une unité terintolérable — mais les Français attendent de l'État « toujours plus»: plus d'écoles et d'enseignants, plus de protection sociale, plus d'allocations pour les chômeurs et pour les pauvres, plus de policiers, plus de soutien aux secteurs économiques en difficulté, etc.
D'après N. Mauchamp, Les Français. Mentalités et comportements
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